Le 29 octobre 1969, vers 22 h 30, à l’université de Californie à Los Angeles, l’étudiant Charley Kline, encadré par le professeur Leonard Kleinrock, tente de se connecter à un ordinateur de l’institut de recherche SRI, plus au nord en Californie. Il commence à taper le mot « login ». Le « l » arrive, puis le « o »… et le système plante. Le premier message de l’ancêtre d’Internet, le réseau ARPANET, aura donc été « lo ». Aujourd’hui, vous touchez un lien et une page apparaît en une fraction de seconde. Entre les deux, votre appareil a consulté un annuaire, envoyé des dizaines de demandes et reçu des centaines, voire des milliers de morceaux de réponse venus de machines différentes. Internet est un ensemble de réseaux qui s’échangent des données selon des règles communes. Suivre une page web permet de découvrir cette organisation invisible.
LE DÉCLIC EN IMAGE
Une page voyage en morceaux
La demande traverse des réseaux. La réponse arrive sous forme de données que le navigateur utilise pour afficher la page.
Votre appareil demande une ressource à une adresse.
Des équipements transmettent les paquets à travers les réseaux.
Le serveur répond ; le navigateur reçoit les données et compose la page.
LES BASESLes bases, si vous découvrez le sujet
- Internet
- Un ensemble de réseaux reliés qui échangent des données selon des règles communes.
- Navigateur
- Le logiciel qui demande et affiche les pages web sur votre appareil.
- Serveur
- Un ordinateur ou un service qui reçoit des demandes et fournit des réponses à travers un réseau.
Au fil de cette lecture
Du Wi-Fi aux câbles sous les océans
Le Wi-Fi relie votre appareil à un réseau local par ondes radio. Ce réseau est raccordé à Internet par un fournisseur d’accès. Plus loin, les données empruntent d’autres réseaux, le plus souvent par fibre optique, jusqu’au fond des mers : en 2026, on compte plus de 600 câbles sous-marins en service ou en projet, et plus d’un million et demi de kilomètres de câbles en service. Sur la plus grande partie de leur trajet, ils ont à peu près l’épaisseur d’un tuyau d’arrosage ; les fibres de verre qu’ils protègent sont fines comme un cheveu. Une excellente connexion Wi-Fi ne dit donc rien de la rapidité du serveur situé à l’autre bout.
Sur ce réseau des réseaux circulent de nombreux services. Le Web n’est que l’un d’eux. En mars 1989, au CERN, près de Genève, Tim Berners-Lee rédige la première proposition de ce qui deviendra le World Wide Web ; à la fin de 1990, le premier serveur et le premier navigateur fonctionnent sur son ordinateur. En août 1991, il annonce le logiciel sur les forums d’Internet, et le 30 avril 1993 le CERN en rend le code source librement utilisable, sans redevance.
Trouver où envoyer la demande
Une adresse comme laparallaxe.fr est faite pour les humains. Les machines, elles, acheminent les données vers des adresses IP, des suites de nombres. Le système de noms de domaine, le DNS, fait le lien entre les deux, à la manière d’un annuaire réparti entre de nombreux serveurs. Il ne contient pas la page : il indique où commencer l’échange. Une réponse déjà obtenue est conservée quelque temps, si bien qu’un deuxième clic évite souvent de refaire toute la recherche.
Découper les échanges en paquets
Les données voyagent en paquets, chacun portant une adresse et un morceau du message. Sur un réseau Ethernet classique, un paquet mesure au plus 1 500 octets, adresse comprise. Une page web médiane consultée sur téléphone pesait en 2024 un peu plus de deux mégaoctets : il en faut donc plus d’un millier. Les routeurs lisent l’adresse de chaque paquet et le transmettent à l’étape suivante sans se soucier de son contenu. En chemin, des paquets peuvent être retardés, perdus ou arriver dans le désordre.
Qui répare ces accidents ? Les machines situées aux extrémités. Ce choix doit beaucoup au Français Louis Pouzin. Au début des années 1970, avec le réseau expérimental CYCLADES, présenté pour la première fois en 1973, il confie aux ordinateurs connectés, et non plus au réseau, la responsabilité de la bonne livraison des données. Le réseau se contente d’acheminer au mieux des paquets indépendants, les datagrammes. Les protocoles d’Internet, TCP et IP, se sont inspirés de cette architecture : votre appareil vérifie ce qui manque, redemande et remet les morceaux dans l’ordre.
Demander puis assembler la page
Le navigateur commence par demander un document, qui lui en réclame d’autres : images, polices, styles, programmes. En 2024, une page médiane déclenchait environ 70 demandes sur ordinateur et un peu moins sur téléphone. Les réponses viennent du serveur du site, mais aussi de copies stockées plus près de vous et de services tiers. Le navigateur les interprète et construit l’affichage au fur et à mesure.
Voilà pourquoi un titre apparaît parfois avant sa photo, ou pourquoi une image manque alors que le reste s’affiche. Pour comprendre une panne, il faut identifier quelle ressource et quelle étape ont échoué : l’annuaire, la connexion, le serveur ou un service tiers. Ce qui ressemble à un objet unique est le résultat d’une petite coopération entre votre navigateur et des dizaines de machines.
Une connexion chiffrée ne garantit pas la vérité
HTTPS chiffre les échanges entre le navigateur et le service consulté, et permet de vérifier l’identité du serveur dans le cadre prévu. Un intermédiaire placé sur le trajet, sur un Wi-Fi public par exemple, ne peut donc ni lire les données ni les modifier sans que cela se remarque. Le cadenas renseigne sur la connexion, pas sur la qualité de l’information : une page fausse ou trompeuse peut parfaitement être servie en HTTPS. Chaque mécanisme d’Internet garantit une chose précise, et la vérité de ce qui s’affiche ne figure dans aucun protocole.
Ce qu’on garde en tête.
- Internet relie des réseaux depuis 1969 ; le Web, proposé au CERN en 1989, n’est que l’un de ses services.
- Une page voyage en paquets d’au plus 1 500 octets sur Ethernet, souvent par des câbles posés au fond des océans, et ce sont les machines aux extrémités qui réparent les pertes.
- HTTPS protège le trajet des données, pas la véracité de ce qui est affiché.
Ce que l’on sait. Ce qui reste ouvert.
Le parcours présenté est simplifié. Des caches et des intermédiaires peuvent en modifier les étapes. Le chiffrement protège des échanges ; il ne garantit pas que les informations affichées par un site soient vraies.
UN PETIT DÉCLIC POUR LA ROUTE
Internet et le Web sont-ils la même chose ?
Remonter à la source.
- Les premiers mots d’Internet, 29 octobre 1969Leonard Kleinrock · UCLA · Témoignage et journal de bord, en anglais↗
- Une brève histoire du WebCERN · Page historique en français↗
- Louis Pouzin, inventeur du réseau CYCLADESQueen Elizabeth Prize for Engineering · Notice biographique en anglais↗
- Questions fréquentes sur les câbles sous-marinsTeleGeography · Cabinet d’études spécialisé, en anglais↗
- Web Almanac 2024 : poids des pagesHTTP Archive · Mesures sur des millions de sites, en anglais↗
- Transmission des datagrammes IP sur Ethernet — RFC 894IETF · Norme technique, 1984, en anglais↗
- Comment fonctionne InternetInternet Society · Présentation en anglais↗
- Transmission Control Protocol — RFC 9293IETF · Norme technique en anglais↗
- Transport QUIC — RFC 9000IETF · Norme technique en anglais↗
Sources consultées le 9 octobre 2026. Rédaction assistée par IA, sans relecture indépendante d’expert à ce stade.
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